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Quelques espèces singulières
A la
belle saison, les étangs se couvrent littéralement de
lentilles d'eau (Lemna minor),
plantes flottantes réduites à une petite feuille ronde
de quelques millimètres seulement. Les lentilles
apprécient les eaux riches en matières nutritives (dites
eutrophes), et leur présence peut réduire massivement
l'apport de lumière au fond des plans d'eau. D'autres
plantes aquatiques les accompagnent, telles les
véroniques mouron d'eau (Veronica anagallis-aquatica)
et véroniques beccabunga (V. beccabunga), ou le
nénuphar blanc (Nymphea alba), introduit en 1988
suite à l'aménagement des étangs.
Une ceinture de massettes (Typha
latifolia) et de roseaux (Phragmites australis)
se développe en périphérie du grand étang nord, côté
route. On y trouve l'iris faux acore (Iris
pseudacorus), irradiant les étangs de son jaune
chatoyant.
La végétation la plus originale
s'observe dans la zone de transition avec la forêt à
l'ouest du grand étang, secteur régulièrement inondé aux
relents de petite forêt vierge. C'est le domaine des
laiches (Carex elata, C. rostrata et C.
acutiformis), du scirpe des forêts (Scirpus
sylvaticus) et des saules (Salix cinerea,
S. elaeagnos, S. viminalis). Avec un peu de
chance, on pourra également observer le rubanier (Sparganium
erectum), reconnaissable à ses boules de fruits se
terminant en pointe. L'accès à ce secteur marécageux
étant malaisé, il est fortement conseillé de l'admirer
en restant sur la berge sud.
Le sous-bois de l'aulnaie se pare en
avril d'innombrables étoiles d'un jaune soutenu. C'est
la floraison de la renoncule ficaire (Ranunculus
ficaria), accompagnée de la plus rare perce-neige (Galanthus
nivalis), qui fleurit en mars déjà. Autre spécialité
de l'aulnaie, la pulmonaire molle (Pulmonaria mollis)
apporte une délicate touche violacée au sous-bois. Dans
les secteurs les moins ombragés prospère l'ortie (Urtica
dioica), au grand dam des promeneurs court-vêtus.
Elle aussi est une boulimique d'azote. Une piqûre de
rappel pour ne pas oublier qu'il y a encore quelques
efforts à accomplir en vue d'améliorer la qualité des
eaux du Seyon et de ses affluents…
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Paradis
pour
amphibiens
Les mares forestières de Bayerel
offrent un havre de paix pour les amphibiens.
Crapauds communs et grenouilles rousses s'y
réunissent par dizaines dès le mois de mars pour
pondre leurs œufs. Longs chapelets d'oeufs amarrés
aux tiges des plantes aquatiques pour les premiers,
gros amas gélatineux regroupant souvent les pontes
de plusieurs femelles pour les secondes.
Plus discrets, les tritons y
trouvent également refuge. Avec un peu de patience,
deux espèces peuvent être discernées: le triton
alpestre, assez abondant, dont le
mâle se reconnaît aisément à son ventre orangé, et
le triton palmé, aux teintes plus discrètes mais
reconnaissable au bout de sa queue tronquée
prolongée par un filament, présent en petit nombre
dans l'étang sud. Est-ce pour sa discrétion que
cette espèce se nomme également triton helvétique?
Deux passages souterrains ont été aménagés lors des
travaux de 1986, vers lesquels les amphibiens sont
conduits à l'aide de cunettes en béton. Ainsi,
malgré la proximité d'une route fréquentée,
grenouilles et crapauds peuvent transiter sans
risquer leur peau d'une mare à l'autre.
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