D o s s i e r  

H o r s  c a d r e

Baie de l'Evole
Nettoyage de la plage

 
     

Point de rencontre des eaux du Seyon et de celles du lac de Neuchâtel depuis le détournement du cours d'eau en 1844, la baie de l’Evole est un site apprécié des promeneurs neuchâtelois. Lieu d’énergie et de créativité, lac et rivière s’y conjuguent et s’y relaient pour sculpter tour à tour et de concert un paysage alluvial dynamique et très tendance, à l’aide uniquement de matériaux du terroir. Ici, pas de monotonie : éphémères mandalas, mais point monastiques, renouveau, changement, mouvement, vie…

 
     
 

Les truites du lac, nobles poissons neuchâtelois au goût sûr, ne s’y trompent pas. Ainsi au mois de décembre, avec fougue et passion, elles remontent le peu de rivière accessible pour se livrer avec ivresse aux joies du frai annuel. En quête de lits de graviers propices, elles se heurteront à l’austère dallage du fond du Seyon, témoin du souci de maîtrise d’un autre temps. Si un pavage efficace est adapté au fond d'un tunnel de détournement d'un cours d'eau, il l'est moins sur une frayère à truites , laquelle mériterait de faire l'objet d'une réflexion plus différenciée.

Mère nature cependant, avec force et sagesse, reprend le dessus, et de prometteuses lézardes, par-dessous, minent efficacement l’inutile et insolent bétonnage. Le frai aura lieu vraisemblablement dans les failles creusées par le temps et la rivière, pour le développement durable de l’espèce.

 

La qualité de l’eau du Seyon s’est de beaucoup améliorée depuis la  mise en service de la nouvelle Step de la Rincieure au Val-de-Ruz. Associée à l'effet d'auto-épuration favorisé par les nombreuses cascades des gorges, cette mesure a transformé le visage de la rivière. Il coule maintenant à l’Evole une eau claire et débarrassée de la typique odeur d’égout qui caractérisait malheureusement ce cours d'eau depuis si longtemps.

 

La plage alluviale, patiemment reconstituée par lac et rivière après les derniers travaux de remblayage effectués à cet endroit, attire maints volatiles aquatiques. Au printemps, des cygnes nicheurs facilement observables depuis le pont constituent une des attractions du lieu, de même que le fidèle héron, patient tel une statue les pieds dans l’eau.

Or cette plage n’est accessible qu’aux espèces volantes ou palmées. C’est pourquoi s’y accumulent de nombreux détritus apportés par le lac, tels que boîtes de bière et bouteilles, qui gâchent quelque peu le charme visuel de l’endroit. Sensible à cette situation, un membre de l’APSSA, en ce mois de décembre aux températures clémentes, s’est enfin décidé à chausser les bottes de pêche pour débarrasser la plage de ces déchets.

     

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